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livre ...
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ALGÉRIE
Naufrage de la fonction publique et défi syndical
Entretiens
Ce livre fait
un état des lieux de la fonction publique en Algérie dans
trois secteurs essentiels : l'Administration publique, l'Éducation,
et la Santé. Pour traiter son sujet l'auteur a choisi d'engager
des entretiens avec les responsables des six meilleures formations
syndicales que compte le mouvement autonome. Il restitue au
fil des entretiens, le combat héroïque mené par les syndicalistes
déterminés, entraînant dans la lutte la masse des travailleurs,
contre les trois acteurs qui mobilisent officiellement le
dialogue social : le gouvernement, le patronat et l'Union
Générale des Travailleurs Algériens (UGTA), devenue pour l'essentiel
un rouage de l'appareil d'État. Avec ces entretiens, nous
disposons d'une histoire sociale vivante de l'Algérie de l’indépendance
jusqu'a nos jours. Les entretiens sont suivis d'un glossaire
des différents syndicats de la fonction publique et les biographies
des principaux acteurs. Un livre rare et passionnant sur une
Algérie en mouvement.
Larbi Graïne
est né en 1962 à Mostagane. Journaliste basé à Alger, il est
titulaire d'un diplôme d'études approfondies (Université Paris
XIII).
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BIOGRAPHES DE MESSALI HADJ
Charles-André
Julien, Daniel Guérin, Mahfoud Kaddache, Charles-Robert Ageron,
René Gallisot... Mohammed Harbi, Benjamin Stora
Le 16 septembre 1959, le général de Gaulle prononçait un discours sur le droit du peuple algérien
à l'autodetermination. Le lendemain, Messali Hadj se réjouissait de voir la France reconnaître au peuple algérien, le droit
de se constituer en nation souveraine à travers un processus constituant. Cinquante ans plus tard, le peuple algérien n'a
toujours pas élu d'Assemblée constituante, aucun point du programme nationaliste n'a été réalisé et le pays reste toujours
dirige par un régime militaro policier avec 1'Islam comme
religion d' État. La confiscation de la révolution algérienne
par « la mafia des généraux » N’est pas tombée du ciel. Elle
s'inscrit au contraire dans la lutte politique puis dans la
guerre menée depuis 1927 par une coalition de forces réactionnaires,
françaises, algériennes et internationales contre l'homme
qui a incarne l'aspiration des masses algériennes à leur émancipation
totale : Messali Hadj. À l'aide de résumés, de documents,
de témoignages et de biographies, d'acteurs et d'historiens
de Messali Hadj, Jacques Simon s'est efforcé d'en faire la
démonstration, dans chacune des parties, du mouvement nationaliste,
de l'Étoile nord-africaine à 1'indépendance. Il montre ensuite,
avec une étude critique des deux biographes les plus connus
du Zaïm algérien : Mohammed Harbi et Benjamin Stora, que leur
action militante pour la signature d'un traite d'amitié entre
les États algérien et français, assorti par une repentance
de la France pour les crimes de la colonisation, s'est accompagnée
d'une amnésie, allant parfois jusqu'a une interprétation très
subjective et très critiquable de Messali Hadj.
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CONSTANTINE
Ombres
du passé récits
Toujours marque par les émeutes
raciales de 1934, Robert Attal retrace dans de brèves séquences
et dans un style vif et image, la vie colorée, chaleureuse
et bruyante des scènes de la vie du ghetto de Constantine
: le marche de Souk El Acer, le cimetière juif, Zmirda la
servante séduite et abandonnée, Julot le coiffeur devenu aveugle,
l'oncle Chlomo dont la jeunesse sera piétinée puis détruite
par la Grande Guerre, les amours épistolaires, platoniques
ou fiévreuses des adolescents.
Arrive la guerre d'Algérie
avec un quotidien véhiculant le danger, la violence et une
cassure croissante entre Juifs et Musulmans qui vivaient en
harmonie. L'espoir renaît le 13 mai 1958 avec le retour du
général de Gaulle, accueilli avec une ferveur passagère qui
se transforme un an plus tard en désamour. La perspective
d'une Algérie dirigée par le FLN fait resurgir chez les Juifs
la crainte d'un retour a leur condition antérieure de dhimis.
Pris entre deux feux : l'OAS
et le FLN, les Juifs se préparent à un exode définitif après
l'assassinat du chanteur Raymond.
Robert Attal raconte avec
talent l'histoire vivante et tragique du ghetto de Constantine.
.
À lire !
Né en Algérie, d Constantine,
Robert ATTAL a été instituteur dans le bled, puis il a enseigné
l'Histoire et la Géographie dans des collèges et lycées. Il
a consacre son mémoire de maîtrise à l'immigration des étrangers
dans l'Aisne. Il a dirigé pendant 8 ans la Société
historique et archéologique du Soissonnais. Il a publie plusieurs
études et ouvrages consacres à la Révolution française et
à la guerre de 1914-18. L'âge venu, il a essayé de retrouver
son Algérie natale, par le biais de la recherche historique
et du récit. Illustration : Jeune fille juive de Constantine,
avec sa coiffure traditionnelle conique ornée de sequins.
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LES
ÉTRANGERS
DANS LA RÉGION
DU NORD
Repères
pour une histoire régionale de limmigration
dans le Nord-Pas-de-
Calais (1850-1970)
La grande aventure
de l'industrialisation a laquelle participa pleinement la
region du Nord s'accompagna du recours a une main d'oeuvre
étrangère : (Belges, Polonais, Italiens, Algériens,
Marocains et d'autres origines). Cette réalité,
longtemps minorée voire ignorée, constitue l'une
des richesses de la région. Pourtant, cette histoire
n'a pas encore fait l'objet d'une synthèse.
Le thème
de l'immigration étrangère semble avoir suscite
peu de recherches spécifiques dans le milieu universitaire
régional, du moins en apparence. Car de nombreuses
recherches relevant notamment de l'histoire économique
et sociale contemporaine abordent directement ou indirectement
l'histoire des mouvements migratoires. Et c'est en lisant
ces travaux qui datent pour la plupart des années soixante-dix/quatrevingt
que l'on voit peu à peu s'esquisser un panorama historique
des flux migratoires successifs.
Autant dire que
ce livre n'a qu'une seule ambition : affirmer la légitimité
de cet objet historique encore mal « intègré
», l'histoire de l'étranger en région.
Jean-René
GENTY, haut fonctionnaire, travaille sur l'histoire des différentes
immigrations dans la région du Nord. Il a notamment
publie aux éditions de l'Harmattan trois ouvrages :
L'immigration algérienne dans le Nord-Pas-de-Calais,
1909-1962, en 1999 ; dans la collection CREAC-Histoire, Des
Algériens dans la région du Nord. De la catastrophe
de Courrières a l'indépendance, en 2005 et Les
nationalistes algériens dans le département
du Nord (1947-1957). Fidaou al Djazair, en 2008.
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L'ALGERIE
L'abandon sans la défaite
(1958-1962)
En mai 1958,
quand de Gaulle arrive au pouvoir par un pronuncianento qu'il
a piloté, il entend redresser la France et la débarrasser
de l'Union française comme du boulet algérien,
pour lui redonner sa Grandeur. L'État fort installé,
de Gaulle reprend le contrôle de l'armée liée
aux Français d'Algérie, lance le plan de Constantine
et propose "la paix des braves".
Le 16 septembre
1959, il se prononce pour l'autodétermination, qu'il
ne cherchera jamais à appliquer. En effet tandis qu'il
charge Challe de gagner la guerre, il informe le GPRA de sa
préférence pour une Algérie autonome
au sein de la Communauté africaine. Pour la réaliser,
il pousse les Pieds-Noirs à la révolte (semaine
des barricades). Soutenu par la métropole, de Gaulle
rétablit l'ordre. Il renforce ses pouvoirs, épure
l'administration et la hiérarchie militaire et parle
d'une "Algérie algérienne."
En mars 1960,
les conditions existaient pour que le peuple algérien
(Européens et Musulmans) choisisse son destin par un
référendum. L'autodétermination était
acceptée par la grande masse des Algériens,
les chefs de l'ALN intérieure (Si Salah) et le MNA.
Mais de Gaulle préféra s'entendre avec le GPRA
coupé de l'intérieur et qui avait perdu la guerre.
L'abandon de
l'Algérie annoncé à Melun provoque la
révolte des anciens chefs de l'armée. Le putsch
des généraux réduit, les négociations
reprennent à Évian 1, à Lugrin, aux Rousses
puis à Évian le 19 mars 1962 où de Gaulle
accepte toutes les conditions du GPRA. Commence alors l'exode
massif de toute la population européenne et des milliers
de harkis.
En s'appuyant
sur une importante documentation et le témoignage de
plusieurs acteurs français et algériens, Jacques
Simon s'est efforcé de comprendre les raisons d'une
guerre si longue et si désastreuse, alors qu'une solution
pacifique et démocratique était possible, dès
1959.
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Le MNA
Le Mouvement
National Algérien (1954-1956)
Le Mouvement
National Algérien (MNA) a été créé
fin novembre 1954, dans le prolongement de l'Étoile
Nord-Africaine du Parti du Peuple Algérien (PPA) et
du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques
(MTLD), refondu au Congrès d'Hornu, en juillet 1954.
Dès le 2 novembre 1954, les messalistes s'engagent
dans la révolution et le MNA en devient le parti d'avant-garde.
Face à lui vont se dresser les autorités coloniales,
le Front de Libération Nationale (FLN) ainsi que ses
alliés en Algérie et en France, la Ligue arabe
et le bloc communiste.
Afin de progresser
dans la compréhension honnête de cet événement
de portée internationale communément appelé
« Guerre d'Algérie », deux auteurs de formation,
génération et sensibilité différentes
ont décidé de regrouper, pour la première
fois, des documents provenant de cette organisation méconnue
et toujours stigmatisée : le MNA.
De 1954 à
1956, les militants et dirigeants du MNA participent activement
à la création de l'Armée de Libération
Nationale (ALN), créent le premier syndicat algérien
indépendant (L'Union Syndicale des Travailleurs Algériens),
participent à l'internationalisation de la question
algérienne (Conférence de Bandoeng, ONU, etc.)
et se battent pour une Assemblée Constituante Souveraine
élue au suffrage universel par tous les Algériens
(Européens, Juifs et Musulmans) en recherchant toujours
l'alliance de la classe ouvrière et celle du peuple
français ami.
La lecture seule
des documents de cette organisation ne peut permettre de cerner
tous les tenants et aboutissants de la révolution algérienne
mais une analyse raisonnée de cette séquence
décisive dans l'histoire de l'Algérie contemporaine
ne saurait en faire l'économie.
Nedjib Sidi
Moussa est né en 1982 à Valenciennes. Titulaire
d'un Master en sciences politiques (Paris l), il est actuellement
doctorant et prépare une thèse sur les membres
du Conseil national de la révolution algérienne
(CNRA) de juillet 1954.
Jacques Simon
est né en 1933 à Palat (Algérie).
Étudiant à Paris, il s'engage dans la lutte
pour l'indépendance de l'Algérie, après
le congrès du MTLD à Hornu (1954) et participe
à la construction de la fédération de
France de l'USTA. Docteur en Histoire, il est actuellement
le président du Centre de recherche et d'Étude
sur l'Algérie Contemporaine. (CREAC).
Illustration
: Manifestation de travailleurs algériens organisée
à Paris le 9 mars 1956 par le MNA, contre «
les pouvoirs spéciaux ».
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LE MOUVEMENT NATIONALISTE
ALGÉRIEN DANS LE NORD (1947-1957)
Fidaou al Djazair
Dans cet ouvrage, Jean-René
Genty étudie le processus de politisation de l'immigration
algérienne dans la région du Nord, pendant la
phase préparatoire et première de la guerre
d'Algérie.
Tout commence le premier
mai 1952 quand les Algériens organisés dans
leurs cortéges au sein de la CGT entonnent l'hymne
nationaliste du Parti du Peuple Algérien : Fidaou al
Djazair (se sacrifier pour l'Algérie). Désormais
ce sont des milliers d'Algériens qui militent en France.
La wilaya (région) du Nord et de Belgique se place
à la pointe du combat pour l'indépendance de
l'Algérie. Présente dans les usines, dans les
quartiers et dans les cantonnements, l'organisation se structure
en empruntant des formes d'action du mouvement ouvrier français.
Pendant la crise du MTLD, la wilaya du Nord se range derrière
le chef Messali Hadj. Dès l'automne 1953, l'organisation
prépare le passage à l'action armée en
organisant des groupes de combat dans le bassin minier. Elle
assure aussi la logistique du Congrès de refondation
du MTLD au Congrés d'Hornu, en juillet 1954 qui rassemble
les partisans de Messali. Au lendemain du 1er novembre 1954,
la direction messaliste envoie des centaines de militants
pour participer à la lutte armée en Algérie.
Dans le Nord, les messalistes organisés dans le MNA
contrôlent étroitement l'émigration. Profitant
de la répression qui décapite le MNA, le FLN
prend pied dans le bassin minier.
À partir de 1956,
la région devient l'un des champs de bataille entre
FLN et MNA. "La bataille du Nord" culmine en 1957, année
au cours de laquelle le FLN envoie des groupes de choc chargés
d'éliminer physiquement les cadres, notamment ceux
qui dirigent l'Union Syndicale des Travailleurs Algériens
(USTA).
Avec ce livre très
documenté et précis, Jean-René Genty
renouvelle largement l'histoire en circulation sur la confrontation
entre FLN et MNA pendant la guerre d'Algérie. C'est
aussi une riche contribution á l'histoire sociale,
culturelle et politique des Algériens en France.
Jean-René GENTY, inspecteur
général de l'administration de l'Éducation
nationale et de la recherche, travaille sur l'histoire de
l'immigration algérienne dans la région du Nord.
Il a publié notamment L'immigration algérienne
dans le Nord/Pas-de-Calais, 1909-1962 en 1999 et Des Algériens
dans la région du Nord. De la catastrophe de Courrières
à l'indépendance, en 2005.
Fidaou al Djazair : le sacrifice
de l'Algérie
Illustration : photos «
Nord-Éclair » 1er mai 1955
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Critique
du livre ...
de
Boualem Sansal par Nedjib Sidi-Moussa(octobre 2006) " Poste restante
: Alger. Lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes"
Gallimard 2006
Ce petit livre (59 pages) de Boualem
Sansal, ancien haut fonctionnaire algérien, est rédigé
sous forme de lettre ouverte au peuple algérien dans laquelle
l'auteur développe sa réflexion sur l'Algérie
contemporaine en faisant régulièrement référence
à la révolution de 1954 et son parcours sinueux, en
s'interrogeant sur l'identité algérienne ainsi que
sur les rapports avec l'ancien colonisateur. Ce que l'auteur propose
dès les premières lignes c'est une libre discussion
entre Algériens " sur notre pays, son histoire falsifiée,
son présent émietté, ravagé, ses lendemains
hypothéqués, sur nous-mêmes, pris dans les filets
de la dictature et du matraquage idéologique et religieux
" (p. 11) Au-delà de quelques approximations, imperfections
ou illusions sur lesquelles nous pourrions revenir ultérieurement
- nous pensons notamment à sa vision toute personnelle de
l'Islam, au rôle des médias et des ONG, à la
mission de l'ONU, à l'interprétation du référendum
du 29 septembre 2005, etc. - il nous paraît néanmoins
important de relever plusieurs points. Sur le colonialisme : " quand
ils dénoncent la nostalgie du colonialisme chez l'autre,
ou chez moi, ne cherchent-ils pas à imposer la leur, pêchée
on ne sait où, dans de lointains souvenirs ou dans ces pays
frères et amis ravagés par des régimes exemplaires
? " (p. 25) Plus loin il interroge : " les damnés d'aujourd'hui
devraient être contents de leur sort sous prétexte
que leurs aînés ont vu pire ? " (p. 26) Il lui paraît
en effet pour le moins paradoxal que plus d'un siècle de
colonialisme et des années de guerre de libération
finissent par aboutir à " une dictature à la Bokassa.
" Il appelle à l'apaisement entre les la France et l'Algérie,
à commencer par les termes " quand la guerre est finie, et
les actes signés, le mot ennemi doit disparaître. "
Pour la liberté de discussion et de critique : tout d'abord
celle du gouvernement, expression de la démocratie " nous
éloignerons ces pauvres mélangeurs qui croient que
critiquer le gouvernement revient à critiquer l'islam et
la Révolution. "Ce sont des choses sacrées" est leur
argument, il a été gravé au fer rouge dans
leur cervelle. " (p. 28) Boualem Sansal relève plusieurs
" sujets tabous " qualifiés de " Constantes nationales "
que sont : " l'identité, la langue, la religion, la révolution,
l'Histoire, l'infaillibilité du raïs " (p. 29). L'auteur
critique le FLN qui a réussi à se maintenir notamment
en parvenant à bloquer tout velléité de critique
" dès lors que l'envie de le critiquer prend le quidam, celui-ci
est aussitôt submergé par l'horrible et honteuse sensation
de s'attaquer au peuple algérien en son entier, lequel peuple
est arabe, musulman, et l'unique artisan de la glorieuse Révolution
de 1954 menée en son nom par le FLN " (p. 31) Boualem Sansal
revient sur l'assertion selon laquelle " le peuple algérien
est arabe " et précise simplement " cela est vrai, mes frères,
ç la condition de retirer du compte les berbères (Kabyles,
Chaoui, Mozabites, Touareg, etc., soit 80% de la population) et
les naturalisés de l'Histoire (mozarabes, juifs, pieds-noirs,
Turcs, coulouglis, Africains
soit 2 à 4%). Les 16 à
18% restant sont des Arabes, personne ne le conteste. " (p. 32)
Sans jouer nous-mêmes aux comptables, reconnaissons tout de
même à l'auteur le bien-fondé de sa démarche
éclairante à plus d'un titre. Pour la laïcité
: à propos de la " constante " selon laquelle " le peuple
algérien est musulman ", l'auteur affirme clairement que
" cette Constante est une plaie " (p. 34) car niant " radicalement,
définitivement, viscéralement, les non-croyants, les
non-concernés et ceux qui professent une foi autre que l'islam.
" Il va plus loin en écrivant " en validant cette Constante,
la Constitution qui stipule que "l'islam est religion d'État"
fait de l'État le garant d'un génocide annoncé
et en partie réalisé (
) Affirmer aussi solennellement,
et de manière si bruyante, que le peuple algérien
est musulman revient à dire : Qui n'est pas musulman n'est
pas des nôtres. " (p. 35) En passant sur la défense
d'une certaine vision de l'islam qui est propre à l'auteur,
un autre passage est important à notre avis : " Il n'y a
qu'un système qui peut nous sauver de ce processus funeste
et mettre tout le monde à l'abri des croyances de certains
: la laïcité. " (p. 36) Il propose également
d'autres mesures allant dans le sens de la laïcité,
qui est un combat et non un souhait, comme la suppression de l'enseignement
religieux à l'école par exemple - au même moment
où en France laïque, certaines voix se prononcent pour
son introduction sous une forme ou une autre, dans l'école
de la République. L'auteur revient également sur la
question de la langue arabe avec des propositions qui pour nous
comme pour la majorité semblent être évidentes
: " l'arabe classique est langue officielle, c'est vrai, mais pas
maternelle, pour personne " (p. 37) et, plus loin " l'arabe classique
est la langue de l'Algérie mais les Algériens parlent
d'autres langues " (p. 39) que sont le français, le berbère
et l'anglais. Il propose ainsi de " constitutionnaliser l'arabe
dialectal et le français " (p. 42) A propos de " la guerre
de libération et son histoire " : Boualem Sansal n'y va pas
par quatre chemins, il parle de " hold-up du siècle " (p.
43) et ajoute " la lutte du peuple algérien pour son indépendance
a été privatisée le jour même du cessez-le-feu,
ce fameux 19 mars 1962 (
) elle est devenue la propriété
exclusive du FLN et de ses martiens. " Sur la repentance de l'ancien
colonisateur, l'auteur a son idée " grisés par leurs
succès, les pickpockets et leurs caïds lorgnent sur
le colonisateur d'hier. Ils ont un plan, il est simple : aider la
France à culpabiliser, exiger sa repentance, puis lui offrir
l'absolution en échange de quelques châteaux sur la
Loire. " (p. 45) Poursuivant sa réflexion sur la colonisation
en écho à la loi française du 23 février
2005, Boualem Sansal attribue à Ferhat Abbas cette citation
" la nation algérienne est née avec la colonisation
" et à Mohamed Harbi " en vérité, notre modernité
a commencé avec la colonisation " (p. 52). Il rappelle que
" l'évolution historique d'un peuple (
) se fait toujours
sous l'effet de phénomènes imprévisibles, souvent
exogènes : une découverte technique, la naissance
d'une nouvelle théorie, le développement des réseaux
commerciaux, la rencontre avec un peuple plus avancé, ou
une invasion brutale. " (p. 53) Boualem Sansal conclut son essai
en rappelant que " ce n'était là que manière
improvisée d'engager le débat loin des vérités
consacrées " (p. 57) et propose une série de mesures
démocratiques avec lesquelles nous pouvons exprimer notre
accord comme " la suppression sans discussion du code de la famille,
la vérité et la justice en application du référendum
du 29 septembre 2005
" mais aussi d'autres avec lesquelles
nous exprimons nos doutes comme " un nouveau jugement par le TPI
de l'assassin de Boudiaf (
), la tenue urgente d'élections
générales anticipées sous l'égide de
l'ONU
" car cela signifierait nier la majorité du peuple
algérien qui doit par lui-même - et sans se soumettre
à des institutions supranationales (elles-mêmes soumises
à d'autres influences et puissances) - trouver le chemin
de la liberté. Rappelons-le, cet ouvrage quoique bref n'en
demeure pas moins dense et permet d'ouvrir la discussion. Il n'est
pas parfait, nous aurions pu adopter un ton résolument polémique
mais lorsqu'une étincelle jaillit de l'obscurité,
notre devoir est-il de sortir un canon à eau ou d'attiser
la flamme de la connaissance ? Nedjib SIDI MOUSSA
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CONSTANTINE LE CUR
SUSPENDU
de Robert ATTAL
L'enfance de Robert Attal
a été marquée par une tragédie
: l'assassinat de son père sous ses yeux pendant les
émeutes raciales de 1934. Réfugié avec
sa mère et sa soeur dans le quartier juif de Constantine,
il parle avec pudeur et humour des jours heureux et malheureux
d'une population discriminée. Il raconte la guerre
avec les : lois antisémites de Vichy qui provoquent
la stupeur, le désarroi puis l'organisation de la solidarité
du ghetto. C'est enfin l'explosion de joie à l'arrivée
des Alliés. Attal nous fait revivre la vie de son quartier,
avec ses odeurs, ses couleurs, ses bruits et ses passions
et ses drames. Dans la tradition des auteurs juifs qui utilisent
la dérision pour tolérer l'insupportable, il
parle avec drôlerie, de sa jeunesse, de l'école,
de ses amis et des filles qui l'ont beaucoup tourmenté.
Et c'est encore la guerre dont la phase finale fut très
violente à Constantine. C'est alors le départ
douloureux, massif et définitif des Juifs de Constantine,
enracinés pourtant dans l'histoire millénaire
de l'Afrique du Nord.
Un livre superbe écrit
dans une langue claire, riche, sobre, imagée ci poétique.
Né en Algérie,
à Constantine, Robert ATTAL a été instituteur
dans le bled, puis il a enseignné l'Histoire et la
Géographie dans des collèges etlycées.
Il a consacré son mémoire de maîtrise
à l'immigration des étrangers dans lAines,
où il avait été muté à
son retour d'Algérie en 1962. Il a dirigé pendant
8 ans la Société historique et archéologique
du Soissonnais. Il a publié plusieurs études
et ouvrages consacrés à la Révolution
française et à la guerre de1914-18. L'âge
venu, avec la nostalgie, il a essayé de retrouver son
Algérie natale, par le biais de la recherche historique
et du récit. Il a ainsi publié en 2002 et 2003
"Les émeutes de Constantine et Constantine au loin"
chez Romillat.
Illustration : Un des trois
ponts de Constantine. Photo R. Attal
Tous les livres des collections
du CREAC : sur le site de l'Harmattan : www.editions-harmattan.fr
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Autre
livre ...
LE MASSACRE
DE MELOUZA / Algérie-juin1957
de Jacques Simon
En mai 2004
le Président Bouteflika a interdit la tenue dune
conférence sur le massacre de Melouza.
Sur
cette question le CREAC (Centre de recherche et détude
sur lAlgérie contemporaine ) qui a déjà
publié un numéro spécial sur ce drame
a estimé nécessaire et indispensable de consacrer
un livre où les faits rapportés dans la presse
française et internationale et les documents officiels,
sont replacés dans leur contexte et dans lhistoire
de la Révolution algérienne.
Si la majorité
des historiens et hommes politiques nignorent pas cette
tragédie, leurs interprétations restent toujours
partisanes, comme Jacques Simon létablit à
partir des études faites sur vingt-six auteurs algériens
et français.
Dans sa conclusion
il montre bien que la tuerie de Melouza sinscrit dans
la chaîne des massacres organisée par le FLN
pour éliminer le MNA (Mouvement National Algérien),
et devenir le seul interlocuteur de la France.
Dans le débat
ouvert sur lécriture dune histoire sans
tabou de la guerre dAlgérie, et pour aller dans
le sens du Président Ben Bella en 1982,on ne peut occulter
les pages sombres de celle-ci.
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